L’Autriche va poursuivre et intensifier les efforts de l'UE en matière de protection et de promotion des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Il s’agira notamment d’améliorer l’intégration, dans tous les domaines de la politique étrangère européenne, des questions relatives aux droits de l’Homme. Le dialogue et les consultations avec la Chine, l’Iran et la Russie sur le thème des droits de l’Homme ainsi que la mise en œuvre des décisions du Conseil dans ce domaine revêtent une importance particulière. L’Autriche mettra l’accent sur la protection des femmes et des jeunes filles, notamment dans les situations de conflit.
Parallèlement, l’Autriche compte renforcer la cohérence et la consistance de la politique européenne en matière de droits de l'Homme au sein et hors de l’UE. Pour la Présidence autrichienne, la création à Vienne de l'Agence européenne des droits fondamentaux constitue un objectif prioritaire.
La protection et la promotion des droits de l’Homme sont des objectifs déclarés de la politique étrangère européenne. Les questions relatives aux droits de l’Homme ont donc une place bien déterminée dans le dialogue politique avec les pays tiers, en particulier avec les pays qui entretiennent des relations bilatérales avec l’UE sur la base d'accords de coopération ou d'association. Les droits de l’Homme, et notamment la protection des femmes et des enfants, ont également une importance primordiale dans le cadre des opérations européennes civiles et militaires, dont le nombre ne cesse de croître.
L’UE s’investit pour l'abolition de la peine de mort dans tous les pays et prend des mesures particulières de lutte contre la torture dans le monde entier. La protection des défenseurs des droits de l’Homme et des enfants dans les conflits armés constitue aussi une priorité de la politique européenne des droits de l’Homme. L’Autriche tient à la mise en œuvre des orientations générales adoptées par le Conseil (http://ue.eu.int/cms3_fo/showPage.asp?id=822&lang=fr).
Dans le processus de mise en œuvre de ces décisions du Conseil, l’Autriche compte, par exemple, s’engager activement auprès des pays tiers pour l’abolition de la peine de mort ainsi que pour la ratification de la Convention des Nations Unies contre la torture. Au cas par cas, l'Autriche mettra en œuvre, au nom de l’UE, des initiatives sur mesure en vue de protéger les défenseurs des droits de l’Homme en danger, notamment les femmes, ou encore d'empêcher des exécutions imminentes. Dans les pays victimes de conflits armés, l'Autriche renforcera la collaboration entre l'UE et les Nations Unies afin de garantir la protection et le soutien des enfants. L’Autriche veillera également à ce que le personnel responsable des missions européennes dans les situations de crise soit mieux formé sur les questions relatives aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne l’application de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Autriche s'engagera en faveur de mesures renforcées dans le cadre des opérations PESD de l'UE, dont l’objectif est la protection des femmes et des jeunes filles lors des conflits ainsi qu’une consultation et une implication accrues des femmes dans la résolution des conflits et la reconstruction.
En tant que présidente du Conseil de l’UE, l’Autriche interviendra en faveur d’un recours plus efficace aux instances multilatérales, notamment aux Nations Unies, afin de protéger les droits de l’Homme. La mise en œuvre rapide de l’accord du « Sommet mondial de l’ONU de 2005 », portant création d’un Conseil des droits de l’Homme en remplacement de l’actuelle Commission des droits de l’Homme, est prioritaire. L’Autriche et ses partenaires européens souhaitent que le Conseil des droits de l'Homme devienne une instance puissante de protection des droits de l'Homme dans le monde entier et qu'il puisse entrer en activité dès le premier semestre 2006.
Les questions relatives aux droits de l’Homme touchent un nombre croissant de domaines d’activité européens, également au sein des États membres de l'UE. Le 13 décembre 2003, le Conseil européen a décidé la création d’une Agence européenne des droits fondamentaux. Pour ce faire, les domaines de compétence de l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, dont le siège est à Vienne, ont été étendus. L’Autriche espère la conclusion rapide des négociations en cours sur la création de l'Agence, censée entrer en fonction le 1er janvier 2007.
L’Agence aura pour mission principale de soutenir les institutions européennes, au moyen d’analyses et d’expertises, dans les décisions politiques et juridiques relatives aux droits de l’Homme. L’objectif est d’améliorer de façon significative la cohérence et la consistance de la politique européenne des droits de l’Homme tant au sein de l’UE que dans ses relations avec les pays tiers.