L’agriculture biologique diffère des autres modes de production agricole à plus d’un titre : elle privilégie les ressources renouvelables et les processus de recyclage, au cours desquels le sol est fertilisé par l’apport de la biomasse issue de l’agriculture.
Dans le domaine de l’élevage, l’accent est mis sur le bien-être des animaux et sur une alimentation naturelle. L’agriculture biologique utilise les systèmes autorégulateurs de la nature pour lutter contre les parasites et épizooties. Cela évite ainsi de recourir, au cours de la production agricole, aux pesticides, herbicides, engrais de synthèse ainsi qu’aux hormones de croissance, antibiotiques ou à la manipulation génétique.
Durant la Présidence autrichienne, le « Règlement concernant le mode de production biologique de produits agricoles et sa présentation sur les produits agricoles et les denrées alimentaires », basé sur le « Plan d’action européen en matière d’alimentation et d’agriculture biologiques » présenté par la Commission en juin 2004, sera amendé et fera l’objet de simplifications administratives.
On parle de « coexistence » quand différents types de cultures sont pratiqués côte à côte sans pour autant s’influencer mutuellement. Il s’agit des cultures d’OGM (organismes génétiquement modifiés), des cultures conventionnelles et des cultures biologiques. S’il est vrai que des lignes directrices générales de base pour l’élaboration de stratégies nationales et de meilleures pratiques existent déjà au niveau européen, l'Autriche tient, au cours de sa présidence, à faire avancer la discussion sur une possible réglementation communautaire. Sur la base des renseignements communiqués jusqu’à présent par les États membres, la Commission envisage de remettre un rapport basé sur les expériences accumulées en matière d’application des mesures.
Pendant la Présidence autrichienne, une conférence se tiendra à Vienne au printemps (du 4 au 6 avril 2006) afin d’accorder à tous les acteurs la possibilité de donner leur avis sur le rapport et de discuter de positions communes en ce qui concerne une possible réglementation communautaire.
Une communication de la Commission visant à promouvoir l’utilisation des biocarburants est attendue pour le début de la Présidence autrichienne en prolongement d’un plan d'action en faveur de la biomasse. Les « biocarburants » sont des carburants liquides ou gazeux fabriqués à partir de la biomasse (matières premières renouvelables d’origine végétale ou animale comme le colza ou le tournesol). Ils peuvent être utilisés comme carburant dans les véhicules motorisés afin de remplacer les combustibles fossiles, disponibles en quantité limitée.
Avec le programme d’action en faveur de la biomasse, des mesures vont être élaborées et discutées afin de se rapprocher des objectifs fixés (proportion de matières premières renouvelables dans la production d’énergie : 12 %, dont 21 % pour la production d’électricité et 5,75 % des carburants en vertu de la directive de 2003 visant à promouvoir l’utilisation de biocarburants). La Présidence autrichienne a pour priorité, dans le domaine agricole, d’augmenter, au sein de la Communauté, le taux d’utilisation de carburants de substitution, comme les biocarburants, par rapport aux carburants fossiles.
Même l'agriculture est touchée par la mondialisation : le secteur agricole subit lui aussi l'influence croissante des évolutions de l’économie internationale et mondiale. Ce processus a conduit à l’intégration de l’agriculture dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Par conséquent, la politique agricole de l'UE doit également tenir davantage compte de la situation internationale, et plus particulièrement des dispositions de l'OMC. Il est, en effet, également important pour l’agriculture européenne que des règles équitables et équilibrées, valables pour l’ensemble des pays membres de l’OMC, soient établies.
Pour le moment se déroule le cycle de Doha : les 148 États membres de l'OMC se sont fixé comme objectif la fin 2006 pour faire progresser le commerce mondial, principalement dans le domaine des biens industriels et des services, mais également pour aboutir à un nouvel accord agricole international. Lors de la conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Hong-Kong en décembre 2005, les progrès accomplis jusqu’ici lors des négociations ainsi que les objectifs visant à la clôture du cycle de Doha seront intégrés dans une déclaration ministérielle. L’Autriche veillera à atteindre un résultat équilibré dans le domaine de l’agriculture mais également entre les différents domaines de négociation au sein de l’OMC (biens industriels, services, agriculture, etc.).